Komodo national park

août 2023

Arrivée à Komodo

Komodo est connu pour ses “dragons”, reptiles carnivores uniques au monde de par leur taille, et endémiques des îles de Komodo et Richa. Mais ce que l’on sait moins c’est que  les îles du parc de Komodo recèlent des paysages à couper le souffle, une lumière magnifique, des fonds marins magnifique, et des dizaines de possibilité de mouillage pour un bateau comme le notre, sans compter un plan d’eau plat, et un gentil petit vent thermique qui souffle tous les jours.

Le parc est niché entre deux très grandes îles de la Sonde : Florès à l’est et Sumbawa à l’ouest.

Nous naviguons en famille à 6, avec notre fils Victor venu nous rejoindre il y a quelques jours, et mon frère Thomas avec nous depuis le début de notre séjour indonésien. 

Quand nous arrivons à Komodo nous sommes presque à la fin de séjour indonésien, la majorité de nos bateaux copains sont déjà passés et nous ont laissé les bonnes adresses, les bons mouillages, les bons plans! Nous avons une semaine devant nous pour explorer ce joyau, qui est aussi un lieu très touristique! Ca nous change, car jusqu’ici, notre exploration de l’Indonésie à la voile nous a emmené dans des lieux très peu fréquentés des touristes. Mais nous allons nous adapter et trouver tout de même des mouillages tranquilles, en cherchant un peu…..on trouve! Voilà un nous veau challenge intéressant. 

Nous arrivons dans le parc de Komodo par le nord : inutile de nous arrêter à Labuan Bajo, qui est la “porte d’entrée” du parc : nos réserves de nourriture sont encore bien suffisantes, et  nous référons explorer les mouillages que d’aller en ville. 

le vent est faible, nous avançons à 2 noeuds…les enfants en profitent pour aller se baigner!

Puis le vent rentre de nouveau, et nous longeons la côte et les premières île : pêcheurs, village, îlots, plages de sable, petits resorts… 

et nos premiers « Pinisi »(prononcer Phinisi), ces gros bateaux de bois traditionnels aujourd’hui reconvertis dans le tourisme : c’est de cette manières que les touristes viennent visiter les îles du parc de Komodo. Nous en croiserons de nombreux, plus ou moins luxueux, pour backpackers ou pour amateurs de confort 4 étoile, pour des croisières à la semaine ou à la journée.

Seven Mushrooms

Nous commençons par Pulau Sebayur Kecil (Pulau signifie île, Kecil, veut dire « grande » : il s’agit donc là de la grande île de Kecil, la petite étant juste en face! Les copains nous ont décrit un très beau mouillage, et surtout un superbe snorkeling en dérivante. 

le site de plongée est aussi appelé « 7 mushrooms », du nom de ces formations géologiques curieuses, rochers en forme de champignons, si photogéniques. 

le snorkeling en drift est magnifique, en particulier pour les coraux, de couleurs et de formes très variées, mais aussi pour la quantité de petits poissons! Ils ne sont pas farouches et se laissent approcher, signe qu’ils ne sont pas chassés : seiche en camouflage, poissons-clowns, mais aussi nombreux balistes, nasons, perroquets, carangues…

le site est assez fréquenté en journée, mais le soir, nous sommes seuls ou presque au mouillage.

la petite île est très photogénique, et en envoyant le drone, nous remarquons un sentier! à faire de préférence au coucher ou au lever du soleil, pour éviter les grosses chaleurs. 

Rando sur Sebayur Kecil

Nous partons en randonnée tôt un matin à 7h

nous avons une vue 360° : le mouillage, les pontons d’accès de l’autre côté de l’île, la mangrove….

il est temps de redescendre pour aller prendre le petit déjeuner à bord : il est 9h. 

les pêcheurs présents au petit matin sont repartis, et laissent la place aux touristes venus explorer les fonds marins. Beaucoup des Pinisis sont équipés de compresseurs et de bouteilles de plongée pour leurs clients. 

Cap sur l'île de Padar

Cap sur un nouveau mouillage, sur l’île de Padar. Une navigation paisible à la voile sur mer plate, à longer de magnifiques paysages : villages typiques, cotes arides, plages, ciel d’azur que demander de plus? Seul inconvénient, les courants, parfois de plusieurs noeuds, il faut composer… et pouvoir compter sur de bons moteur à l’occasion. 

La voilà, la célèbre ’île de Padar : les touristes se pressent tous les jours en haut du promontoire pour s’y photographier en selfie, pour rapporter chez eux la photo qui se trouve sur tous les guides de voyage évoquant Komodo… 

Mais c’est toute l’île qui est photogénique! 

le mouillage d’à coté est occupé par un beau catamaran de voyage italien : une famille dont nous ferons la connaissance plus tard…

Pink Beach

nous partons pour une longue promenade sur la plage

L’île est curieusement déserte d’humain… mais peuplée de cerfs que nous découvrons derrière les restaurants de plage! Ils ne sont pas farouches, et viennent sans doute glaner des restes de déjeuner….ils ont un rôle important dans l’écosystème car servent de grenier à nourriture pour les dragons de Komodo, dont on trouve quelques dizaines d’exemplaires sur Padar. 

D’ailleurs, voici d’autres animaux, dont nous voyons les traces : comme cette empreinte de tortue, venue pondre peut-être? et celles-ci, d’un gros lézard (peut-être un dragon de Komodo?) venu chercher à manger-peut-être des oeufs de tortue justement car ils en sont friands….

Pas moins de 14 paillottes s’alignent sur la plage, elles sont plutôt joliment décorées de corail rouge, qui donne cette couleur rose au sable. 

Déserts à cette heure(16h), Ce sont des restaurants éphémère du midi, Nous en aurons la preuve le lendemain matin, en voyant les Pinisi arriver avec leurs clients. 

pour l’heure, c’est le coucher du soleil, encore une fois l’heure magique

le lendemain, nous allons de l’autre côté de l’île à la recherche d’un mouillage tranquille pour la journée : le soir, nous allons devoir revenir à Pink Beach nous mettre à l’abri d’un vent du sud assez fort prévu dans la nuit. Loïc explore différentes possibilités, d’après les cartes isailor, mais surtout d’après les cartes satellites sur open CPN, et en confirmant tout cela par un vol de drone : 

nous n’irons pas mouiller près du départ du point de vue : nous laissons notre place aux autres. La vie de bateau nous permet d’autre choix, celui de la liberté justement, celui de faire un pas de côté, privilégiant la découverte au tourisme formaté qui impose ses étapes. 

Car en cherchant un peu, il y a plusieurs plages désertes. et tellement d’autres points de vue superbes.

Loïc nous a trouvé un petit banc de sable où poser notre ancre, tranquilles pour la journée. Le cadre est sublime, et la plage pour nous!!

seuls sur la plage

Plus loin, derrière nous, c’est un ballet incessant  de bateaux emmenant tout le monde aux mêmes endroits. C’est que nous cherchons dans cette vie de bateau, échapper à cette vision du monde si formatée, et finalement étriquée, car sur cette île de Padar, les magnifiques paysages sont partout. 

un peu plus loin, la terre est comme plissée, les couleurs de Komodo sont irréelles.

Dragons de Komodo

En ce qui concerne les dragons de Komodo, nous nous posons beaucoup de questions : cela vaut-il le coup d’aller les voir? Et dans quelles conditions allons-nous voir les animaux? Cela n’est-il-pas encore une fois un piège touristique?

Les reptiles vivent certes en liberté, mais des amis de bateaux ont fait l’erreur de prendre une excursion en groupe depuis Labuan Bajo pour voir les dragons,  et la ballade a viré au sketch : un seul dragon de Komodo et des dizaines de touristes à se relayer chacun son tour pour faire son selfie…. Cela ne m’enchante guère. Dans ce cas, une seule chose à faire :  aller sur place la veille pour nous faire une idée, et décider in-situ. 

Nous voilà donc mouillés dans une baie de l’île de Rincha, l’un des deux site depuis les quels voir les dragons. L’autre est sur l’île de Komodo, mais est bien plus touristique.  Toutes deux proposent des visites guidées par des rangers, d’une heure environ, pour aller à la rencontre de ces fameux lézards. 

Avec mon frère, nous faisons un saut en toute fin de journée vers 17h pour voir sur place de quoi il retourne, comment se fait la visite etc…

Le parc est en fait déjà fermé depuis une heure…mais on nous laisse rentrer et nous pouvons nous balader seuls sur les chemins de pilotis, qui surplombent la mangrove : le terrain s’inonde en saison des pluies. Le site est particulièrement bien intégré au paysage. 

avec une promenazde sur pilotis qui met en valeur la mangrove

on y croise des cerfs et des singes!! mais pas de dragons….

Quelle chance, nous pouvons discuter avec quelques guides qui viennent de terminer leur journée. Ils nous conseillent de venir tôt le matin à l’ouverture, pour  avoir moins de monde, et moins chaud  : c’est aussi tôt le matin que les dragons sont le plus actifs. 

Et c’est le bon plan! à 7h le lendemain nous sommes à l’entrée, les premiers visiteurs!  Déjà les voilà, les dragons de Komodo : de très gros lézards, plutôt actifs tôt le matin : ils se réchauffent au soleil; plus tard dans la journée, il se reposeront de la chaleur  à l’ombre. 

On nous donne pas moins de deux guides pour la ballade : tout cela est très encadré, car ces animaux sont potentiellement très dangereux : les dragons ont une mâchoire puissante équipée de poches à venin mortel. Tous les guides sont équipés de repoussoirs d’un kit de secours et d’un moyen de communication. 

Nous avons la chance de voir un gros dragon dès les premiers mètres. les rangers insistent pour nous prendre en photo, c’est un sport national ici! Nous ne dérogeons pas et repartirons avec notre photo souvenir. . 

Là,  un tout petit bébé dragon sur les toits!

Le reste de la ballade, dans les taillis, pas d’autre dragon, ni de buffle, mais des singes et des cerfs. 

 

au retour, c’est un festival de dragons : en voilà un premier , énorme, qui se repose…

mais un autre déboule par derrière, il est tout aussi gros!

Et tout ce petit monde se balade à quelques mètres de nous, quelle chance. . 

et en voilà un autre qui part. Tranquille… 

Nous quittons le parc enchantés de l’expérience qui fut pour nous très positive! les guides étaient sympas, et nous avons appris des tas de choses sur ces animaux, en particulier comment les habitants des îles de Komodo et Rincha vivent à leurs côtés : il n’est pas rare que les varans attrapent du bétail, bébé cerf, buffles juvénile ou chèvre : leur mâchoire déverse un poisons dans le corps de l’animal qui meurt d’hémorragie au bout de quelques heures ou quelques jours; il ne reste plus qu’à le gober entier; Ces animaux très robustes n’ont pas besoin de se nourrir souvent, ils peuvent même jeuner une année entière sans perdre un seul kilo!!
. 

Turtle Point

nous quittons Rincha pour Turtle Point, un mouillage réputé pour… ses tortues, et un joli snorkeling en perspective. Mais le site est bondé : pour accéder au mouillage, nous devons zigzaguer entre des paquets de snorkelers peu à l’aise dans l’eau avec de gros gilets de sauvetage.

IL est interdit de mouiller dans la partie de fond de sable de la baie, et nous n’avons le choix que de prendre l’unique corps mort disponible : nous le jugeons  trop proche des récifs. 

 Nous décidons  passer notre chemin, non sans avoir aperçu… plusieurs tortues!  

Nous finirons par  trouver un mouillage fort tranquille au joli snorkeling pour le reste de la journée   

 La soirée est belle, avec toujours ces couchers de soleil sublimes. Et nous profitons d’être 5 ou 6 à bord pour jouer au Tarot, un jeu auquel nous nous sommes initiés pendant les vacances.  

 Le lendemain, c’est le dernier jour de mon frère Thomas à bord de Saga, il reprend un avion pour Bali, puis Paris et Brest via Singapour. Il est resté un mois à bord avec nous pendant ce long séjour indonésien. 
 

 Nous sommes allés mouiller en ville à LabuanBajo. C’est la base de départ de tous les Pinisi, mouillés devant la ville : on en compte des dizaines!
 

 Nous allons en ville nous promener fin de journée, pour faire nos curieux, et trouver un bon restaurant local. Nous commençons par un bar, un superbe rooftop qui vient d’ouvrir, avec des cocktails super sophistiqués dont un whisky sour fumé .  

 Le menu sera balinais! une « cantine » , la Senja Eatery pas mal fréquentée par les indonésiens : il y en a pour tous les gouts : nasi-goreng, (riz sauté aux épices avec des oeufs, plat national d’Indonésie), brochette sauce satay aux saveurs malaisiennes, canard laqué confit, un régal!
 

 Labuanbajo by night, au style hyppie-chic.  

Labuanbajo de jour....

le lendemain, nous passons la matinée en courses : c’est l’envers du décor, la ville à marée basse est très sale, et peu engageante, sans un seul ponton pour y déposer l’annexe. Mais nous avons l’habitude de ce genre de contraintes! Arthur, notre taxi-boat nous dépose et reviendra nous chercher dans 2h.  

Mon frère part pour l’aéroport, il va nous manquer! Son départ signe aussi la fin de notre séjour dans le parc de Komodo, 7 jours enchanteurs tant pour les paysages, que la navigation, les fonds marins et sa faune terrestre : chauve-souris, dragons de Komodo, aigles maritimes…

 

 Nous avons une semaine devant nous avec Victor, à naviguer tous les 5 en famille, jusqu’à Lombok, qui sera notre dernière escale en  Indonésie.
 

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