le tour de Tahiti
juillet 2022
Cap sur Tahiti Iti
Nous voilà partis pour un tour de Tahiti à la voile, pour le plaisir de naviguer, après deux semaines en marina, pour la beauté des paysages, que l’on devine variés, pour découvrir cec territoire depuis la mer, à l’image de ses premiers habitants, polynésiens venus de l’ouest il y a mille ans.
Et aussi, pour se mettre dans la peau des premiers européens à poser les yeux sur Tahiti, il y a 250 ans.

En même temps que ce tour de l’île, je lis d’ailleurs quelques ouvrages trouvés dans la librairie Odyssey de Papeete : l’île de Vénus, de Anne Salmond, relate avec profusion de détails l’arrivée de ces premiers européens, des deux points de vue : ceux des Tahitiens, et ceux des européens qui nous ont laissé témoignages et récits.

Wallis, Bougainville puis Cook, ont posé les yeux sur Tahiti au XVIII ème siècle, à quelques années d’intervalle : 1767, 1768 et 1769 et ont ancré leurs bateau dans 3 mouillages emblématiques, que nous visiterons.

Wallis le premier, en baie de Matavaï, là ou nous sommes arrivés à Tahiti il y a deux semaines (voir l’épisode précédent Escale à Papeete), puis Bougainville sur la côte ouest, près de Hitiaa, et Cook à Tautira, sur la côte est de Tahiti Iti,où nous serons dans quelques jours.
Cap au sud vers Taihti Iti, la presqu’île, la plus sauvage, la plus authentique et la moins développée touristiquement.

Vairao
Nous sommes en terrain connu, car nous avions déjà fait escale avec Moby, à port Phaeton, port naturel fort bien protégé se situant au niveau de l’isthme de Taravao, qui relie la petite Tahiti à la Grande. Nous nous étions aussi arrêté à Vairao, près de la passe de Teahupoo.
Le paysage est encore une fois grandiose

Comme nous commençons les grandes vacances, nous changeons de rythme : nous avons demandé aux enfants de participer systématiquement aux manœuves, pour apprendre et être le plus autonome possible.

Les couchers de soleil nous apportent une paix, une sérénité incroyable.
Quant aux levers de soleil, ils sont tout aussi ressourçants : quoique beaucoup moins calmes, avec ces oiseaux qui pépient lourdement!
Dans le sud-ouest de la presqu’île, les stars, ce sont les vagues. Celle de Teahupoo, la mythique, la splendide, une des 10 vagues les plus connues du monde. Elle le sera encore plus avec les jeux olympiques de Paris 2022 à venir : car c’est ici à Taehupo que les meilleurs surfers du monde vont convoiter la médaille!
Mais il y en a d’autres, comme celle-ci, tout près de notre mouillage, plus accessible, et que voyons rider par des surfers tous les jours.
Ici, 4 jetskis avec leurs surfers venus voir l’état de la vague.

Loïc envoye le drone pour les surprendre depuis le ciel.

Il immortalise aussi notre mouillage,

puis également le chenal vers la passe de Teahupoo, qui sur la carte semble bien plus étroit et engageant que dans ses souvenirs, avec Moby en 2016.
Les vacances, c’est aussi la détente, le farniente, et du temps pour des jeux de société, en particulier en ce jour maussade. Nous jouons beaucoup en famille, tous les jours ou presque! Et avons nos jeux favoris qui changent au fil du temps.
Le Carcassonne est sans doute celui avec lequel nous jouons depuis le plus longtemps, depuis 2006, offert par mon amie Fanny, Victor n’avait que 3 ans! Soit plus de 15 années de jeu!! Nos manières de jouer ont évalué avec l’âge de enfants et la taille de la famille : avec les enfants très jeunes, on y joue comme à un puzzle, en construisant chacun de son côté suivant le tirage des cartes, puis quand ils ont grandi et compris les subltilités des règles, de manière plus agressive, avec des razzias, des attaques sur les possessions des autres. Aujourd’hui, quand nous sommes 4 ou à 5, nous jouons collaboratifs, ce qui maximise finalement le nombre de points!
Teahupoo, la vague des J.O. 2022
Nous appareillons pour Teahupoo, une vague que que l’on peut observer soi-même depuis la passe de Havae. Quand on a la chance d’avoir un bateau comme nous, nul besoin de prendre ces tour privés en taxi boat – très sympas par ailleurs.
Il nous permet de longer la côte au plus près, paysage des plus pitorresques.
nous y voilà, dans la passe de Havae!
Tout le monde est sur le pont pour le spectacle!

la voilà la vague de Teahupoo. Sa caractéristique : une lèvre épaisse, massive.

Les surfers sont au line-up, et les spectateurs, aux premières loges.
Les vagues se succèdent, toutes ne sont pas ridées bien sûr, mais certains en prennent plus que d’autres! L’expérience sans doute.
Les bateaux emmenant des touristes voir le show sont devant nous, mais comme nous sommes en hauteur, sur le roof de saga, nous avons tout de même une belle vue.
Je tente d’immortaliser de belles images, c’est difficile, car Saga bouge sans arrêt, dérivant dans le courant, puis remonté par Loïc aux manettes. L’idéal est de se positionner devant le tube, légèrement en contrebas, pour voir les surfers s’élancer. Si l’on est trop haut, on ne voit que le départ et pas le tube ni la fin du ride.
La vague est vraiment impressionnante. Un voilà un qui s’élance en Tow, sans succès…C’est finalement un bodyboarder qui la prendra.
Mon capitaine se régale à la barre, heureux d’être là ou il est. Il faut dire qu’il est lui-même surfer et qu’il sait bien lire les vagues et la houle, pour positionner Saga en toute sécurité dans la passe.
Car si la vague est belle, le cadre l’est tout autant
C’est difficile de filmer avec mon téléobjectif, les images peinent à rendre ce beau spectacle.
Nous rentrons au mouillage, bye-bye Teahupoo.
le retour se fait par le même chenal très fort en courant
qui continue avec un second passage au milieu des récifs
tortueux et coudé
les tourbillons sont impressionnants

pendant ce temps, les enfants jouent les acrobates sur le trampoline
Nous mouillons de nouveau devant l’Ifremer, mais sous le récif, près de la barrière.

tout près d’un élevage piscicole

il y a un peu de courant, et beaucoup d’écume autour de nous!

Non loin de là, un banc de sable attire du monde le week-end

IL en est de même à la passe, pour les surfers :

C’est notre dernier soir dans ce cadre de enchanteur, demain, nous contournerons le sud de Tahiti pour nous rendre sur la côte au vent.

Le sud de tahiti à la voile
La journée s’annonce sombre et peu ensoleillée : cette partie de l’île accumule les nuages et semble en permanence sous couvert.

il en résulte des tons verts sombre dans le sud


Puis en contournant le sud, des cocotiers apparaissent, et des motus : la barrière de corail est de retour.

Les nuages rodent…

Nous sommes cueillis par un grain un peu avant notre arrivée à Tautira.

Le site est grandiose

Arrivée à Tautira
Nous découvrons un village niché dans une presqu’île ronde

une longue plage de sable noir

qui borde une rivière;

puis une vallée qui se perd dans l’intérieur de Tahiti Iti

Saga est seul dans cet écrin magnifique. Nous partons en annexe explorer la rivière pour voir jusqu’où nous pourrions la memonter.

Le cadre est bucolique, mais devons faire rapidement demi-tour car des seuils bloquent le passage
Nous décidons alors d’aller à terre voir le village, nous nous amarrons dans la petite marina.

Nous sommes en fief indépendantiste, à l’avant-veille de la fête nationale, et une semaine après le second tour des élections législatives : les drapeaux du parti indépendantiste flottent au vent sur de nombreux bâtiments.

Le village est curieusement très calme, nous ne croisons presque personne. A part ce chien rasta!

Loïc est trop heureux de trouver ue cabine de téléphone à l’ancienne! avec combiné, un objet en voie de disparition….

L’église contratse par rapport au reste du village, par ailleurs un peu morne, avec un immense terrain, particulièrement propret.
Nous quittons la marina et rentrons au bateau.

Aujourd’hui, c’est soleil, et les paysages sont encore plus beaux que la veille
En particulier, cette vallée, qui agit comme un aimant. Nous nous préparons pour une journée de randonnée, d’exploration à pied, en remontant son lit, nous allons trouver des vasques pour nous baigner, et des vestiges archéologiques, d’une vallée qui était sacrée.

Mais dès les premiers mètres, sur la route, nous sommes arrêtés par un riverain, qui nous en interdit d’aller plus loin : il nous annonce que le groupe des copropriétaires terriens de la vallée a décider de fermer l’accès au sentier car les randonneurs laissent trop de saleté.
Dommage, ces premiers pas le long de la rivière nous enchantaient.

Il n’a vraiment pas l’air commode et nous tournons les talons sans demander notre reste.
Dépités, nous restons trainer sur la page, glaner des bois flottés pour le projet bateau des enfants : des modèles réduit à faire naviguer en bord de plage.
Je sais qu’à Tahiti les questions foncières sont très délicates, tous les terrains sont privés, avec très peu de zones communales comme en métropole, ou propriété de la collectivité. Alors il est facile de bloquer les accès, ou de les monnayer, comme en témoignent les négociations en cours pour la transformation de la passerelle piétonne du site de Teahupoo en pont pour voiture, en prévision des jeux olympiques.
Nous finissons par prendre le chemin de la mairie, et “garons” notre annexe comme tout le monde, devant la mairie.

Nous voulons surtout trouver des explications, entamer un dialogue, ce qui n’a pas été possible avec le riverain. Une employée de mairie charmante tente une conciliation et contacte le représentant de cette association.
Elle semble franchement désolée, mais c’est non, nous ne pourrons pas accéder à la vallée. S’agit-il d’un bras de fer qui cache d’autres raisons? Nous ne le saurons pas. Mais le fait est que nous ne nous sentons pas les bienvenus ici.

L’employée de la mairie semble désolée, et avance des arguments un peu niaiseux de météo qui seraient presque toujours défavorables rendant la marche hasardeuse – en effet, dans cette vallée trainent toujours des nuages!
Priver les hommes de l’accès à la nature et à ses joyaux reste un acte agressif, priver l’accès à toute une vallée, connue pour ses vestiges et son agrément est le signe d’un repli sur soi, d’une rejet de l’autre. Je n’ose croire à une volonté permanente, mais plutôt à un rapport de force donc nous sommes les victimes ponctuelles.
Nous continuons notre ballade dans le village, toujours désert et peu avenant, en profitant aussi pour faire quelques courses.

Nous levons alors l’ancre pour quitter la presqu’île : rester dans un lieu si beau qu’il soit n’a pas de sens si l’on ne se sent pas le bienvenu.

Remontée sur la cote au vent
En bord de mer, on constate que toute l’île est construite, et habitée, de manière clairsemée. Petits hameaux, petits villages.
et les collines, émeraude, omniprésentes.

Nous continuons notre route et nous voilà dans le lagon de l’est de Tahiti-Nui, de retour sur Tahiti la Grande.
Derrière nous, c’est Tahiti Iti!

Encore des nuages puis un grain qui nous cueille

et laisse entrevoir les motus

Nous passons Hitiaa, lieu de l’arrivée de Bougainville. Toujours des églises, au moins deux ou trois par village entre les catholiques, les protestants, les adventistes et autres….
Nous arrivons par la la passe de la Boudeuse : nous sommes toujours sur les traces de Cook et de Bougainville qui passèrent par là il y a deux siècles et demi : mais nous ne restons pas devant Hitiaa, dont le mouillage est très agité par vent d’est, et visons l’ilot Nansouty, un mille et demi au nord

Il nous donne un faux air des Tuamotu, mis à part que les coraux ne sont pas en aussi bonne santé.

Mais ce mouillage non plus n’est pas idéal : nous avons dû mouiller dans 6 -8 mètres d’eau sur un tombant de sable.

Il ne faudrait pas que le vent tourne de trop.

C’est pourtant ce qui arrive : dans la nuit, un grain passe, le vent tourne de près de 180°, et souffle soudainement à plus de 25 noeuds, en provenance des montagnes : sans doute un effet de vent très local. Nous décidons de lever l’ancre et de continuer notre route. Il est 4h du matin et les abords de l’ilot sont francs et fort bien cartographiés, nous allumons Oscar, qui sera une paire d’yeux supplémentaire pendant la manoeuvre nocturne

Cap sur Matavai
Nous déroulons le génois pour quitter les lieux à la voile : c’est ce qui est le plus sage quand on craint les bouts de casier ou de filet qui rodent parfois aux abords des passes.
Le temps se dégage et le soleil se lève.

Nous voilà à longer la cote du nord de Tahiti, sans abri, ni barrière de corail, cap sur Matavai, où nous avions atterri il y a 3 semaines à notre arrivé à Tahiti.

Le tour de tahiti est accompli!

Nous passons deux belles journées devant la plage de Vénus, wingfoil pour Arthur qui se régale dans les conditions légères, jeux de plage,
Puis allons en annexe à Arue faire quelques courses et récupérer notre spi et notre code 0 en réparation :

l’occasion de prendre une petite bière au Yacht Club!

Ce samedi, la plage est fréquentée, et toujours, les Va’a qui s’entrainent
Le soleil du soir nous régale de ses palettes.

Bientôt, nous mettrons cap sur Moorea, l’île soeur de Tahiti, distante d’une dizaine de milles.
Continuez à suivre notre blog



