Banda islands
août 2023
Arrivée à Bandaneira
Les îles de Banda, aux Moluques, sont aussi connues pour être les îles aux épices. La muscade – qui nécessite des conditions de climat et de culture très particulières- y est endémique et pousse naturellement, alors que le giroflier et la cannelle se sont bien acclimatés. Ces îles furent pendant des siècles le lieu de culture et de négoce des épices : commerçants chinois et arabes, puis, portugais, et dès le 15ème siècle, colonisateurs anglais et hollandais se disputèrent avec violence le négoce des épices sur ces îles qui changèrent souvent de main pendant 2 siècles.
Petit aperçu vidéo de notre séjour


Nous sommes très curieux de découvrir ces îles riches en histoire et en culture. Elles sont finalement assez peu touristiques car accessibles uniquement par bateau : plus aucune ligne aérienne régulière ne relie Banda au reste de l’Indonésie, malgré une petite piste que nous devinons derrière la route.

Par contre les bateaux de passagers et de cargo mixte sont nombreux : nous en verrons défiler presque tous les jours, de provenance diverses : Tual, Java, Makassar, Ambon…

Le mouillage classique n’est pas possible car les fonds sont très profonds : nous allons donc faire comme tout le monde, un amarrage à la méditerranéenne devant l’hotel Maulana : l’ancre posée sur le tombant, et des amarres à terre, l’une à un cocotier, l’autre à un ancien canon!

l'hôtel Maulana
L’hotel est charmant, comme un vieux palais un peu décati. Il est tenu par un couple avec deux jeunes enfants, qui ont pris la succession des parents, et tentent de faire revive les fastes d’antan avec authenticité. Seul le rez-de-chaussée et quelques chambres ont été rénovée pour l’instant, et c’est très accueillant : boiseries, meubles anciens, colonnades et beaucoup d’espace sous la varangue ombragée et ventilée
formalités à Tual
Nous arrivons un dimanche très animé car deux bateaux de passager vont venir à quai juste à côté de nous.

C’est surtout un grand jour de fête car l’un des passager n’est autre qu’un pèlerin revenu de Mecque! Il est fêté par toute la communauté musulmane fort nombreuse en ce dimanche. Raison pour laquelle le quartier de la mosquée est si animé, et qu’autant de petits bateaux alentours arborent des oriflammes et transportent des habitants endimanchés.
quand nous descendons à terre, les rues sont bondées, et les stands des échopiers bien garnis.
La foule est en train d’acclamer le pèlerin! et fort opportunément, la mosquée se située juste en face du quai!
Balade dans les rues de Bandaneira
nous partons nous balader en ville à la recherche d’un petit resto calme et ombragé… les ruelles sont vides, et colorées
Cilung Bintang : ce superbe établissement, hôtel et table d’hôte dans une ancienne maison coloniale, est désert et la cuisine fermée…. Nous réservons une table pour le soir afin de venir tester le buffet!
Tenue par les descendants directs des plus anciennes familles de Banda, passionnés d’histoire et de culture, le couple collectionne les antiquités et vestiges de l’île dont ils font revivre l’histoire dans cette magnifique demeure historique.
Leur table est aussi connue pour être la meilleure de Banda, et nous avons hâte de gouter aux bons petits plats de cette table d’hôte.
Comme tout est fermé en ville, nous retournons déjeuner à l’hôtel Maulana. On sent que cette île peine à restaurer tous ses vieux bâtiments dont beaucoup sont en ruines.
Nous déjeunons donc à l’hôtel Maulana, et découvrons la bière locale-la Bintang-clone de la bière Heineken, puisque fabriquée… en Indonésie, par Heineken! et les plats typiques de Banda dont la sauce Kanari, faite à partir du fruit de l’amandier local (tropical almond), dont je récupérerai la recette plus tard. A base d’amandes torréfiées, d’épices et de lait de coco, elles est traditionnellement servie nappant des aubergines rôties au four : c’est un délice et un vrai plat complet!!
Visite au fort Belgica
Plus tard dans l’après-midi, nous partons sur les hauteurs visiter le fort « Belgica », qui servait à la défense de l’île à l’époque où la muscade ne poussait que dans les îles Banda. En effet, elle nécessite un climat tropical plutôt humide, des températures stables, et surtout l’ombrage de grands arbres comme l’amandier local, arbre immense qui culmine à une vingtaine de mètres Pour s’assurer de leur monopole, les hollandais alors maitres des Moluques du 16ème au 17ème siècle massacrèrent la population entière des îles, et firent venir des travailleurs de Makassar.
le fort, imposant, a été détruit et reconstruit plusieurs fois suite à des tremblement de terre.
La vue depuis les hauteurs est magnifique et nous avons la chance d’être accompagnés par un beau soleil de fin de journée
Sur l’île d’en face, à Banda api, le volcan Gunung Api, (littéralement montagne de feu), toujours actif, domine l’archipel. Sa dernière éruption date de 1988, qui a causé d’importantes coulées de lave toujours visibles. La majeure partie de la population des îles fut évacuée et la plupart des habitants de l’île-volcan choisirent d’être relogés à Banda Neira en face.
L’histoire de la colonisation de ces îles de banda est semée d’épisodes tragiques.
avant d’aller diner au restaurant, nous passons par le front de mer, occupé par le quartier des pêcheurs
et non loin du bord de mer, encore un fort! Nommé Benteng Nassau!
Nous sommes souvent interrompus dans notre balade par des habitants qui souhaitent être pris en photos avec nous. Le plus souvent, c’est Anna la « rock star », avec ses cheveux longs et sa peau claire ; Les indonésiens sont en effet à la fois très friands de photos, selfies comme nous en avons été témoins pendant nos formalités d’entrée sur le territoire, où nous avons été plusieurs fois et très officiellement pris en photo, comme “preuve” du travail effectué, j’imagine…. mais aussi, ils voient très peu d’occidentaux!
Diner au Cilang Bitung
c’est l’heure du diner au Cilung Binta et on se régale : la cuisine est métissée, indonésienne mais avec des bases européennes.
Visite de banda Besar
Le lendemain, le ciel est couvert, et nous partons pour la matinée avec un guide pour en apprendre plus sur les plantations de muscade.
La bonne surprise c’est que nous ne sommes pas seuls. Une autre famille de bateau nous accompagne pour la matinée : sur Olena, une famille de Suisses avec 3 enfants de l’âge des notres, francophones de surcroit, navigue depuis 2018! Nous allons passer la matinée avec eux et apprendre à mieux nous connaitre.

Nous allons en bateau sur l’île de Banda Besar ou (Banda la Grande! c’est là que la muscade est cultivée depuis des siècles, elle y est endémique. Nous y visiterons une plantation, mais pas que….
Notre Guide, Man , ancien enseignant, est passionné de son métier et riche en explications.

Nous faisons un stop devant les pirogues locales, utilisées désormais seulement pour des régates et pour l’apparat. Les KORA-KORA accueillent 40 rameurs! Nous en avons aperçu une dimanche dernier!
Nous commençons par traverser le village « du bas ».
Il abrite les vestiges du plus vieux bâtiment de la région, qui date du 18ème : la maison de négoce des épices dont il ne reste plus grand chose, qu’une porte et des fondations. Les tremblement de terre successifs ont eu raison des murs…
un grand escalier va nous mener au village d’en haut avec 313 marches!

Nous sommes arrêtés en chemin par un groupe de dames en tenue « du dimanche », qu’elles avaient revêtues la veille pour l’arrivée du pèlerin….

et à mi-hauteur, cet espace collectif pour se retrouver, à l’abri du soleil, dans le village

La plantation de Muscadiers
Nous voilà sur le chemin de la plantation; Nous y sommes accueillis par le planteur, qui nous a préparé du thé à la cannelle et du café à la muscade dans de jolies tasses en porcelaine, accompagnées d’une spécialité indonésienne : des crêpes vert fluo fourrées à la noix de coco : la pâte de blé est aromatisée au « pandan », une feuille de pandanus qui lui donne sa couleur verte et un gout végétal. Elles sont fourrées avec un mélange de noix et de sucre de palme.
Notre hôte nous montre le muscadier, et la manière dont on récolte les noix, avec cette longue perche en bambou.
Pour être à maturité, les « bogues » des noix doivent être entrouvertes, découvrant l’enveloppe dure le la noix et le macis, cette filet caoutchouteux rouge vif, et très odorant. il faut donc enlever la bogue de la taille d’un abricot, qui se cuisine en confiture, puis enlever le macis-qui se sèche et se commercialise lui aussi, puis casser la coque, pour y trouver la noix!! Traditionnellement, elle se râpe et est délicieuse sur une purée de patates douces par exemple … ou comme dans les Antilles anglaises, sur la Pina Colada!
En cultivant, les habitants retrouvent des pièces et des vestiges de jadis, comme ces mini-boulets et ces pièces de la compagnie néerlandaises des Indes orientales (Vereeninge Oost-Indische Compagnie) : on reconnait son célèbre sigle VOC, célèbre à Banda.

Il nous montre aussi des canneliers, dont on commercialise l’écorce : nous aurons la chance de gouter une écorce encore verte : c’est délicieux!

Nous traversons une zone de plantation et voyons la symbiose qui existe entre différentes plantes : les muscadiers poussent à l’ombre de ces grands amandiers-dont l’amande sert à faire la délicieuse sauce Kalari. Ces arbres sont immenses.
La plantation abrite aussi des girofliers : après la floraison et fécondation, ce petit fruit en forme de calice est le clou de girofl , si puissament aromatique!


Visite de l'école
Après la visite de la plantation, notre guide tient à nous emmener visiter l’école : il nous propose de dire un mot aux élèves et semble très contents du message que nous faire passer auprès des élèves : travaillez bien, apprenez l’anglais, et vous pourrez vous faire des amis, rencontrer des personnes venues d’ailleurs, et peut-être un jour voyager?
Comme partout en Indonésie, les jeunes filles musulmanes sont voilées, depuis un très jeune âge – nous avons même vu des bébés de moins de 6 mois!! porter le voile, ce qui en tant que femme me désole tant il signe l’oppression des corps.
heureusement, les femmes ici sont très libres, de travailler, de se déplacer, conduire une voiture ou un scooter, de parler à qui elles veulent. Elles tiennent des commerces, discutent avec nous, interpellent des hommes, draguent dans la rue : les jeunes gens se tiennent par la main : nous découvrons un peuple très joyeux, super accueillant comme le furent les fijiens et les Ni-Van.
Comme partout dans le monde, l’école c’est apprendre, avoir accès au savoir, mais aussi vivre ensemble : une seule jeune fille n’est pas voilée, et ce n’est pas un problème ; elle est sans doute chrétienne, comme 10% de la population indonésienne.
Et au fond de la classe, cette affichette, avec des valeurs : foi, propreté, famille, ordre, beauté, sécurité…
fort Hollandia
un dernier stop au retour en passant par les vestiges d’un autre fort, le fort Hollandia, construit par les soldats et marins hollandais; au 17ème sicle : il trône sur les hauteurs du village, et garde la précieuse l’île aux épices. Nous profitons un instant de la vue, puis redescendons par les escaliers.
c’est déjà l’heure de rentrer au bateau

Nous déjeunons à l’hôtel,

Puis passons l’après-midi tranquilles, les enfants à profiter de leurs nouveaux copains avec qui ils échangent fichiers de films et de livres

Open CPN, Isalor , cartes satellites etc....
Loïc se former et s’informer auprès de Laura la maman, sur open CPN : c’est un logiciel de navigation et de cartographie en libre accès, qui tourne sur PC-et ça tombe bien car Loïc vient de se racheter un petit pc pour remplacer son Mac irréparable.
Il permet notamment de choisir en carte principale une carte satellite, ce qui, couplé avec la navigation, est un vrai plus, surtout dans les pays ou la cartographie est médiocre, comme en Indonésie, au Vanuatu, à Fiji etc…et aussi pour avoir une meilleure idée des fonds marins quand il s’agit de mouiller par exemple.
Voilà qui nous sera très utile pour les atolls et iles à venir : Takabonerate et Komodo.
au marché de bandaneira
Le lendemain, c’est notre dernier jour à Banda! La matin, je vais au marché chercher des fruits frais et aussi des spécialités locales, comme les épices : cannelle, girofle, et noix de muscade, mais surtout, le moins connu : le macis de muscade.
C’est son enveloppe caoutchouteuse rouge, qui, séchée, puis pulvérisée, donne une épice éminemment aromatique, et vendue plusieurs centaines d’euros le kg en Europe. Je trouve aussi des arachides produites sur place, et de la confiserie, comme les fruits confits du muscadiers, des nougats moelleux faits de l’amande locale et du sucre de palme, et ces délicieuses crêpes dentelles de blé ultra-fines, parfumées aux épices et délicatement cuites en relief, spécialité de Banda.
fort Hollandi
Comme je ne parle pas indonésien, je me fais aider de mon traducteur Google, et apprend tout de même les mots de base : les chiffres!

Pour payer en roupies. Ici on est rapidement millionnaire… l’équivalent de 70 euros au distributeur est une liasse de billets 20 bilets de 50 000 roupies, pour un total de 1 million!

Mais comme je le remarquerai dans tous les marchés que je fréquenterai en Indonésie, il y aura toujours un ou une anglophone à m’approcher et me proposer de l’aide . Là c’est un monsieur âgé qui m’aborde, et me dit « You are so beautifull »! Voilà qui fait plaisir! Et ce n’est pas de la drague, c’est juste que les visages européens sont ici rares et sujet de curiosité. Il m’accompagnera pendant une heure, m’aidant à trouver ce dont j’ai besoin et traduisant les réponses à mes questions essentiellement culinaires et culturelles.
Snorkeling sur la coulée de lave....
L’après-midi, nous filons faire un snorkeling sur l’une des deux coulée de lave de 1988 de Pulau Naira, encore toujours visible, et qui a délogé bien des habitants , qui depuis habitent sur l’île d’en face à Bandaneira.

Nous retrouvons tout plein de poisson clowns dans des anémones, des coraux aux couleurs flashy, certains rigides et d’autres souples, des poissons empereurs, et cette étrange étoile de mer aux bras en forme de gland….surnommée « Cocktopuss » en anglais….
ce qui est étonnant c’est de voir comment le corail a poussé vite sous l’eau, bien plus vite que la végétation, signe de bonne santé des eaux de Banda!

Bye-bye Banda, une escale vraiment unique qui nous aura tous charmés. Cap sur Wakatobi, le pays du peuple Bajo, nomades des mers, “Sea Gypsies”, qui ont inspiré le film “Avatar2, La voix de l’eau “...
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