Mopelia

Août 2022
notre vidéo de Mopelia

Arrivée à Mopelia : la passe est très étroite!

Mopelia est encore plus exclusive que Maupiti. La plus occidentale des îles habitées de Polynésie française est très peu habitée. Il est intimidant de savoir que seulement 5 habitants y vivent en autosuffisance totale. Le bateau passe au mieux une fois par an-pour récolter le coprah.

Surtout, sa passe est pour le coup étroite, très étroite, 40 mètres à peine de large : autant dire que si nous devions faire demi-tour en plein milieu du passage, ce serait hasardeux. On a plus l’impression d’être dans un canal ou un chenal qu’une passe. 

Mais tout cela est naturel, ouverture créée par le ruissellement des eaux de pluie du temps où une île  haute émergeait dans le lagon. 

Alors bien sûr, il y a  du vent (18 noeuds) de travers, un peu de courant aussi, mais mon capitaine est expérimenté – après 2 mois passés aux Tuamotu, les passes, il en a bien pris l’habitude!, et nous avons une motorisation puissante. 

Nous n’avons passé que 48h à Mopelia, car la fenêtre météo pour quitter définitivement la Polynésie française et traverser vers les Fiji-1500 NM – était idéale et allait vite se refermer.

Mais ces 48h furent riches en émotions et intenses en activités .

Un accueil magnifique!

Tout d’abord, l’accueil que nous firent Adrienne et sa fille Karina fut exceptionnel. Dès que nous nous sommes approchés du mouillage, elles ont mit leur bateau à l’eau, sachant que Saga avait un colis pour elles, préparé par Poeiti, leur fille et grande soeur restée à Maupiti : la meuleuse, qui sera bien pratique pour poncer la coque de leur petit bateau, des vivres, et surtout des photos du second petit-fils dernier né d’Adrienne, qui a une semaine! Et un petit film de l’ainé des petits enfants, 5 mois, et déjà à croquer.

Les deux femmes nous invitent chez elle le soir, pour un diner qu’elles nous préparent. Nous apporterons des desserts. Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre, mais certainement pas à un dîner si bien dressé sous le faré, et si varié : salade de poisson cru au lait de coco et coeur de palmier, crabe de cocotier au lait de coco, poissons grillés du lagon (nasons et pagres), riz… le tout arrosé d’eau de coco fraiche! C’est un véritable festin, auquel elles ont convié les bateaux présents ce jour-là sur l’atoll : Saga,Vitia et un catamaran d’américains avec le skipper et 3 jeunes à bord.

Une très belle ambiance à table ou chacun se raconte sa vie. Nous découvrons que cela fait une dizaine d’années qu’Adrienne vit à Maupihaa avec son mari-parti à Raiatea voir le nouveau-né, et ses enfants, qui sont tour à tour venus l’aider pour le coprah.

Karina, sa plus jeune fille, nous raconte son enfance sauvage sur l’atoll, son frère qui lui a appris la pêche au fusil, les scientifiques venus baguer les tortues de l’atoll d’a-coté qui l’embarquent avec sa soeur en expédition.

Ses connaissances et sa passion des oiseaux, poissons, crabes de cocotier et généralement tous les animaux des îles sont remarquables.

Le Motu aux oiseaux

Elle nous emmène d’ailleurs le soir après diner voir les crabes de cocotier, qui sortent la nuit : plus ils sont gros, plus ils sortent tard! La nuit, ils sont ainsi plus faciles à attraper. 

Et le lendemain, c’est sur les motus aux oiseaux qu’elle nous emmène voir les nids de frégates, de fous de bassan et de fous masqués, nuées de gygis, et de sternes assourdissantes : les petits des frégates sont encore dans leurs nids . Idem pour les fous; les jeunes quittent le nid et effectuent leurs premiers vols.
 

Nous découvrons des nids de jeunes frégates 

et de poussins encore plus jeunes

dans un paysage lunaire….

les sternes n’ont pas encore nidifié. Karina l’attend avec impatience car elle se permet de prélever alors des oeufs de sterne-mais pas ceux des frégates, car si un oeuf disparait, la frégate ne pond pas de nouveau : c’est donc le risque que la population décline; alors que les sternes elle, pondent encore et encore son prélève.

plus loi, un fou masqué juvenile qui ne sait visiblement pas voler

et des poussins de fous masqués encore plus jeunes

quelle chance nous avons d’être témoins de la vie et reproduction de ces animaux

les enfants sont ravis de voir des oiseaux de si près  

: nous faisons très attention de ne pas les déranger 

Les deux femmes n’ont pas de poules (le chiens du voisins les ont toutes attaquées), mais désormais des canards. Mais là encore, il faut attendre qu’il y en ait plus pour manger les oeufs. 

Nous irons aussi visiter Steeve, leur voisin et lui donner quelques vivres. Il a un potager très prospère, avec melons, citrons papayes, uru, citrouilles, poivrons, piments, tomates etc… De quoi vivre en autonomie. Un puit aussi avec une petite nappe phréatique

Ce qui est difficile, ce sont les tempêtes, les vagues qui submergent l’atoll, et la montée des eaux, inéluctable sous l’effet des marées barométriques.

Snorkeling et freedive dans la passe

 La vie sous-marine est impressionante avec des pélagiques comme des thons, de carangues, des barracudas,

Le jardin de corail est assez joli

Nous l’avons explorée à trois reprise en apnée et elle nous a réservé un spectacle impressionnant : bancs de carangues

jeunes fous en apprentissage de chasse 

requin dormeur

carangues bleues 

exploration de canyons et rencontre avec un requin gris de récif
puis avec des balistes, des poissons-perroquets en pagaille et un requin pointe noires

Nous avons exploré cette passe à trois reprise en apnée et elle nous a réservé un spectacle impressionnant : des dizaines de requins bien sûr (pointes noires, pointes blanches, dormeurs et surtout gris de récif), tapis au fond ou furetants le récif, des bancs de mulets, de carangues, de bécunes, de barracudas rayés, et de thons dent de chien, mais aussi des poissons napoléons, des grands barracudas de plus d’un mètre, des rainbow runners (carangues arc-en-ciel)  

Quels joyaux que ces îles isolées du Pacifique. Après 5 mois de navigation en Polynésie française Nous quittons l’archipel comblés, avec le sentiment d’en avoir bien profité un mois à Gambier, puis 8 semaines aux Tuamotu, puis le tour de Tahiti à la voile, Moorea, et enfin nous avons égrené toutes les îles sous le vent : de Huahine à Maupiti en passant par Bora-Bora, Tahaa et Raiatea, et même Mopelia. Seul regret, ne pas être passé aux Australes : il faudra revenir un jour!